Description établie peu après l'escalade du 1/11/99 faite par Philou (CRSL) et Régis (Abyss)

MONT AIGUILLE :  

Description:

Enorme monolithe de calcaire urgonien culminant à 2.086m et orienté NE-SO. Il est de forme plus ou moins rectangulaire et est entouré de parois verticales de 200 à 350 m. Le col de l'Aupet le sépare des hauts plateaux du Vercors (Rochers du Parquet) auquel il appartenait jadis et dont il a été détaché par l'érosion. Cette forteresse "inaccessible" a été vaincue en juin 1492 par Antoine de Ville et ses aides. Au sommet, une plaque fixée en1992 (pour les 500ans) rappelle cette première escalade alpine (une plaque identique se trouve dans le village de Chichiliane).

Cheminement détaillé :  

LA MONTEE :
Après le hameau de la Richardière (alt.1000m) à la fin du chemin asphalté, prenez à droite la montée carrossable marquée "Col de l'Aupet". Garez-vous dans la prairie (alt. 1200m) et empruntez le chemin (n'oubliez pas de le rendre !) débutant près de 4 poteaux indicateurs (prendre "Col de l'Aupet" évidement). Après 1h30 de montée (dur dur), vous arriverez au croisement situé au sommet du col à 1630m d'altitude. De là, en partant à droite, 10 minutes suffisent pour, après avoir emprunté une crête boisée montante et ensuite une sente traversant un pierrier(à gauche), arriver au pied du départ de la voie normale dite "voie des câbles".

L'ESCALADE :
Une plaque cuivrée rectangulaire (en latin) est scellée près du départ. Le vrai départ est reconnaissable à une grosse broche noire (vestige de l'ancien câble). L'itinéraire, après quelques gradins, part vers la gauche par une courte "cheminée", seul point délicat (bof !) de la montée. Ensuite, après la 2eme broche, partez vers la droite par un passage horizontal et, après un bombement, vous apercevrez le 1 er câble (20mm !)que vous quitterez à la fin par une courte descente (2m). Après, remontez en escalade (facile) à gauche d'un petit couloir ébouleux et partez à droite par une vire facile (25m) Une courte escalade à gauche vous amènera ensuite sur une nouvelle vire partant celle-là vers la gauche, vire dite "passage des meules"(on passe à 4 pattes mais il y a un petit câble) Au-dessus à droite, vous apercevrez le 2eme câble qui vous dirigera vers le sommet. Quelques escalades faciles dans une longue cheminée vous guideront pour la suite.

LE SOMMET ET L'ACCES AUX RAPPELS :
Le plateau sommital est une vaste prairie oblique et lisse sans un seul arbre. Un avion y a même atterri ! Une grande plaque ronde en cuivre commémore la 1ere escalade de cet immense monolithe et est située près de la sortie de la voie normale. Une courte marche vous amènera vers le sommet au-dessus de la face Nord d'où la vue est impressionnante. Pour le retour, il faut descendre au point bas de la prairie et passer par un couloir situé à droite du dernier cairn (suivre les nombreuses traces), descendre une vingtaine de mètres et prendre le chemin qui part vers la droite. Ce long chemin à l'horizontale vous ramène sur la face Ouest vers la voie normale. Au bout, vous devrez de nouveau descendre une vingtaine de mètres le long d'un éboulis et chercher un amarrage avec une petite chaîne situé à 1m de haut sur le côté droit (face au vide).

LES RAPPELS : ( dit "rappels des tubulaires")
Ce premier rappel pendant lequel vous laisserez sur votre gauche en descendant un grand sapin et plusieurs équerres métalliques, vous amènera sur un couloir ébouleux que vous descendrez jusqu'à l'amarrage suivant (chaîne située de la même façon). Là, attention! Le dernier devrait pouvoir placer le nud de jonction sous la barre métallique horizontale avant de descendre sinon vous risquez d'avoir de grosses difficultés pour rappeler la corde ! Ce rappel vertical de juste 45m vous amènera sur des cailloux dans une diaclase pentue, étroite et sombre qu'il ne faut surtout pas descendre. Au contraire, il faut remonter quelques mètres en opposition pour arriver sur une petite plate-forme où se trouve le dernier petit rappel (broches à droite) ; rappel que l'on peut éviter en passant par une étroiture verticale.

LA DESCENTE :
Le chemin qui se marque ensuite vous mènera directement, en passant par un pierrier, sur la crête boisée de départ que vous redescendrez vers le col de l'Aupet. Là, vous pouvez varier la descente en descendant l'autre versant par le chemin (plus long) vers le hameau de La Bâtie(prévoir un véhicule).

Accès

De Grenoble :
Prendre la N75 vers Aspres, Juste avant la route vers Clelles, quitter la N75 et prendre la D7 en direction du col de Menée et de Chichilianne. Rouler environ 2km et prendre la petite route à droite vers le hameau de la Richardière. Passer ce hameau et pour la suite, voir "Cheminement"

Cartes

Atlas Routier Michelin : page 131 carré D3
Ou Carte Michelin seule : carte n° 77 pli 14
Ou Carte Didier Richard : carte n°12 pli È (idéal)
Ou Carte IGN : carte n°52 pli B

Logements:

Gîte très confortable (chambre de 5 pers.) à la Mairie de Chichilianne (74 ff par pers).
Superbe village situé sous le Mt. Aiguille. S'adresser à Ghislaine au 2eme étage de la Mairie (Maison du Parc) ou sonner au 04 76 34 44 67. De Belgique, faire 00 33 4 76 34 44 67

Matériel

Bonnes chaussures de marche
Deux cordes de 45m statiques
Casque
Baudrier- Une longe avec un moustif à grande ouverture pour s'auto-assurer sur les grosses broches et le gros câble -Descendeur en huit-
Un matos complet de remontée par équipe, sangles, moustifs, trousse à spits (on ne sait jamais)
Une petite corde de 12m pour assurer dans certains petits passages exposés et pour le dernier petit rappel.
Eau- Bouffe- etc.
K-Way et frontale (au cas ou.)
. Et surtout appareil photo !  

Difficultés

Facile: Degré 3+
Connaissance des techniques de rappel.
Danger: -Fort fréquenté l'été
-Chutes de pierres

Horaire

Comptez une petite journée (environ 5 ou 6h) :
Deux heures de montée par le sentier.
Une heure d'escalade
Une demi-heure au sommet (visite et pause repas)
Une bonne demi-heure de rappels
Une bonne heure de descente

Conseil: démarrez tôt !

•  BIBLIOGRAPHIE:

-Les randonnées du vertige de Pierre Million (itinéraire n° 40)
-Le Mont Aiguille : excellent article de JC London (c7) paru dans la revue Clair-Obscur.

Fait à Embourg le 3 novembre 1999

Philou